Deux mois sans mettre les pieds au ciné, ça laisse le temps de se mater des trucs à la maison.
Ed Wood de Tim Burton
Je n’avais pas revu ce petit bijou depuis sa sortie en 94. Comme d’hab Burton y travaille ses obsessions gothiques, mais avec un vrai scénario en forme d’hommage non seulement à l’attachant tâcheron Ed Wood, mais aussi à l’esthétique de la série Z 50s en général. Johnny Depp est déjà au sommet de ses possibilités, parfait en plus mauvais mais plus enthousiaste cinéaste de l’histoire, affublé d’un dentier, de vêtements de femme et complètement habité par l’optimisme sans limite du personnage. Remater Ed Wood nous rappelle tout le talent du mec qui nous a fait kiffer avec Beetlejuice et Mars Attacks. Allez Tim, rien que pour nous, refais un très bon film un de ces quatre.
All About Eve de Joseph L. Mankiewicz
La comédie théâtreuse n’est pas forcément ma tasse de thé, vous l’aurez compris. Mais là, attention: chef d’oeuvre. All About Eve (1950) raconte l’ascension d’une arriviste dans le milieu de Broadway au début des années 50. Producteurs, acteurs, auteurs et critiques s’y affrontent à coup de remarques perfides et de bon mots en forme de scuds qui volent bas, les dialogues sont d’une finesse et d’une sophistication qu’on ne trouve plus de nos jours dans des films ricains. La palme de la méchanceté revient bien évidemment à Eve, jouée par une Anne Baxter à claquer tellement elle fait bien la sainte nitouche dont les dents ne rayent plus le parquet, mais l’ont carrément ravagé. La floppée d’acteurs qui lui donne la réplique (notamment Bette Davis et George Sanders) complètent cette fabuleuse histoire sur les sacrifices et l’ambition presque toujours associés aux carrières artistiques. Une belle leçon d’acting, comme dirait Jean-Claude.
Sinon j’ai aussi maté d’autres comédies (bizarrement) : Charlie Wilson’s War, sympathique petit film sur comment les US ont armé les Afghans dans les 80s, et Superbad, comédie ado à priori zizi-prout mais en fait pas dégueu, bien écrit tout ça.
Je ne sais pas quoi penser de Rome, la série d’HBO, j’oscille entre pas mal et bien. La prod et indéniablement faramineuse et les acteurs sont bons, mais il manque quelque chose pour arriver au niveau d’un Sopranos ou même d’un Deadwood.
La série qui fait méchamment mal, c’est the Wire : flics et voyous de Baltimore s’y croisent sur fond de chronique sociale très réaliste. Comme dans les Sopranos, les persos sont fouillés et bien joués; ils donnent l’impression de vraiment exister. J’y reviendrai bientôt.


Ah ouais? Du Mankiewicz, carrément… Très bon choix!
“The Wire”, a.k.a “Sur Ecoute” en France(sic), ça fait facile 3 ans que je fantasme sur cette série…